Bolivie
- Lauriane et Armand
- 19 mai 2019
- 9 min de lecture

Rendez-vous à 6h pile du matin à San Pedro de Atacama pour un mini-bus. En sortant de notre auberge, Armand laisse s'échapper les deux chiens de la propriétaire, il fallait le voir dans le noir en train de les rappeler et leur courir après ! Il est 6h43 le mini bus arrive. Il faut vraiment qu'on s'habitue aux horaires d'Amérique du Sud.
Objectif : traverser la frontière vers la Bolivie et rejoindre notre guide pour les 3 prochains jours. Un premier chauffeur vient nous chercher et récupère un autre couple un peu plus loin, Janni et Sebastian, des danois. Au bout de quelques minutes, il s'arrête sur un parking et un autre chauffeur prend alors sa place (normal, c'est l’Amérique du Sud).
Le soleil se lève tranquillement dans le désert et nous arrivons devant une barrière sur la route : le policier en charge de lever cette barrière n'est pas encore arrivé, donc on doit l'attendre. La file de mini-bus s'agrandit et le chauffeur finit par nous servir un petit déjeuner au bord de la route.
Enfin, nous arrivons au poste des douanes boliviennes ! A plus de 4 000 mètres d'altitude : il fait un froid glacial et on sent qu'on manque un peu d'air. On change à nouveau de chauffeur et de voiture pour prendre le 4x4 d'Elmer, notre guide, qui nous fera traverser les paysages pour ces 3 jours de tour !
Petit détail qui aura son importance par la suite : avant de partir, notre gentil guide prête notre roue de secours et notre pompe à l'un de ses collègues qui a crevé en cours de route.
Première étape : la Laguna Blanca. A couper le souffle, nous sommes seuls au monde dans ce paysage lunaire : les images dans la vidéo parlent d'elles-mêmes. Les oiseaux, la végétation, la couleur des volcans autour... on se croirait dans un tableau.
Deuxième arrêt : la Laguna Verde, qui doit sa couleur au soufre et à l'arsenic.
Troisième stop : le Désert de Dali, qui doit son nom aux arrières-plans des œuvres du peintre qui ne serait pourtant jamais venu en Bolivie.
Depuis le début de la matinée, nous attendons la prochaine attraction avec impatience : baignade dans des thermes naturellement chauffées à 40 degrés ! Quel bonheur par ce froid. Le Soleil est si proche de la Terre à ce niveau que ses rayons frappent de plein fouet mais n'ont pas le temps de réchauffer la surface. C'est crème solaire party pour tout le monde.

Cette journée déjà bien chargée en découvertes ne s'arrête pas là : nous montons à 4 990 mètres d'altitude pour découvrir d'énormes geysers. On sent la puissance de la Terre juste sous nos pieds, et malgré la très forte odeur de soufre, on savoure cet instant hors du temps.
Nous repartons pour quelques heures de route dans le désert direction la prochaine merveille, quand soudain, Elmer sort de la voiture et nous annonce "Nous avons un problème" (avons-nous oublié de préciser qu'Elmer ne parle pas un mot d'anglais et que les danois et Armand ne comprennent pas l'espagnol ? Lauriane se chargera de faire la traductrice officielle pendant 3 jours). Eh oui, nous avons crevé, nous aussi ! Sauf que nous n'avons ni pompe ni roue de secours... Heureusement, Elmer nous sort une "compresora" qui se branche sur la batterie, et nous demande du papier toilettes. Il se met à en découper des bouts et à les lécher... Un coup de compresseur, un bout de papier, un coup de compresseur, un bout de papier. On doit s'arrêter tous les 100 mètres pour recommencer et il prend Sebastian et Armand en tant qu'assistants sauveteurs et leur crie "COMPRESORA" et "PAPEL" dès qu'il a besoin.
Direction ensuite la Laguna Colorada : un vrai coup de cœur. Une lagune qui change de couleur à peu près toutes les 10 minutes et pleine de flamants roses. On reste pantois devant ce spectacle pendant une bonne heure. Quand il est l'heure de repartir, Armand part à reculons pour profiter de la vue jusqu'au bout en disant aux danois : "I don't want to leave !"

Première soirée, nous sommes accueillis dans une famille dans un village un peu fantôme avec un élevage de lamas juste à côté mais, bonne nouvelle : nous sommes les 4 seuls donc ils nous donnent des chambres doubles au lieu du dortoir prévu. Après un dîner local, nous nous couchons tôt pour nous accoutumer à l'altitude, Armand avec un petit mal de tête.
Le lendemain c'est reparti pour une journée de visite : la vallée de Rocas, où les garçons se feront une petite partie d'escalade, le Canyon de l'Anaconda, vertigineux, la Coupe du Monde de pierre, où évidemment les nombreux français se raviront de faire des photos et de narguer les autres touristes...
Deuxième soirée, nous arrivons dans un hôtel... de sel ! Pareil que la veille, nous sommes les 4 seuls occupants (quand on vous dit que le voyage hors saison a du bon). Tout est en sel : les murs, le lit, la table de chevet, les tables... Une famille nous accueille dans ce minuscule village à quelques kilomètres du fameux Salar d'Uyuni que nous avons prévu de faire le lendemain, et nous prépare également un bon dîner local. Armand passera la soirée à jouer au foot avec la petite Janet, 7 ans. Elle est trop mignonne, n'a aucune idée de ce qu'est la France ni où ça se trouve, et ses plus grands rêves sont d'aller à Uyuni, la ville la plus proche de là, et d'apprendre à parler le Quechua.
Le lendemain c'est réveil à 5h pour aller admirer le lever du soleil sur le salar. Après 30 minutes de route, nous arrivons sur le plus grand désert de sel du monde, avec les pieds encore un peu dans l'eau et nous admirons le spectacle du ciel qui s'unit littéralement avec la terre... Splendide.
Nous passerons la matinée sur le salar, cette étendue de sel à perte de vue de près de 11 000 km². La couche de sel y fait de 30 centimètres jusqu'à 20 mètres par endroit mais ils pensent qu'elle peut atteindre plusieurs kilomètres. Rouler sur ces étendues de sels pendants des heures est vraiment a couper le souffle.
Nous atteignons ensuite la ville d'Uyuni où nous visitons un cimetière de trains avant de dire au revoir à notre guide et à Janni et Sebastian.
Le soir, nous montons dans un bus de nuit pour La Paz. En attendant le bus, nous rencontrons une allemande et un autrichien qui voyagent sans argent, et qui ont notamment fait la traversée de l'Atlantique en bateau-stop ! Lucas, l'autrichien, soutient dès notre rencontre qu'il a déjà vu Armand quelque part. On discute de nos itinéraires respectifs, puis on réalise qu'on était le même jour à la Laguna Colorada. Lucas raconte qu'il a vu une personne partir à reculons qui disait "I don't want to leave !"... C'est donc de là qu'il connaît Armand !
Il nous reste quelques minutes avant le départ, et nous avons un petit creux (et pas de dîner prévu dans le bus). Or, dans cette rue, il n'y a que des boui-boui et des stands de street food : allez, on tente le sauté de lama avec son riz et ses pommes de terre servis par une petite dame dans son stand construit dans un container avec son fils qui dort derrière. Dé-li-cieux (et même pas malades après) !
C'est parti pour 9 heures de bus de nuit. Bon, entre le gars qui enlève ses chaussures et qui empeste le bus, la fille qui passe la nuit au téléphone à voix haute, et le gars qui ronfle, ce ne sera pas la meilleure nuit de notre vie. On arrive à 5 heures du matin en plein cœur de la capitale dont on ne sait absolument rien à part l'adresse de notre auberge de jeunesse et qu'il n'est pas conseillé de traîner la nuit ici... Bon, on va pas rester planter là, il a beau être tôt pour un check-in, on prend le taxi direction l'auberge. Une fois sur place, chargés de nos gros sacs, fatigués et fébriles, nous sonnons à la porte une fois, deux fois... Ouf ! Un monsieur, qu'on a l'air de réveiller vient nous ouvrir et nous indique même que notre chambre est déjà prête ! On en profite pour retourner se coucher 3 heures.
A La Paz, nous nous promenons tranquillement dans notre quartier, nous allons au musée de la Coca (cette fameuse feuille controversée que mâchent ou boivent en infusion les boliviens et les péruviens pour gagner en concentration et en énergie), au marché des sorcières, des stands où de bonnes femmes vendent un peu de tout, mais surtout des fœtus de lama sensés porter chance... C'est une ville très surprenante, très polluée aussi, mais c'est la première grande ville qui ne fait pas "européanisée" comme les autres capitales que nous avons vues pour le moment.
En fin de journée, nous allons faire quelques courses dans une supérette, où nous assisterons à une tentative de vol (d'une tablette de chocolat...) qui mettra le gérant dans tous ses états. Le ton monte très vite. Nous n'avons pas fait les malins et avons vite payé pour nos courses avant que la police arrive.
Avant de retourner à l'auberge, nous passons par une agence pour nous inscrire le lendemain à une excursion sur La Route de la Mort en vélo pour la journée.
Réveil à 6h45 pour rejoindre notre groupe. Nous partons en bus pour La Cumbre, point de départ de l'excursion à plus de 4 000 mètres d'altitude. Là-haut, on s'équipe et on teste les freins des vélos.
La Route de la Mort est une route à flanc de falaise qui est connue pour avoir été la plus meurtrière jusqu'en 2007 avec 200 à 300 morts par an : chutes de véhicules, croisements de deux véhicules dans des virages trop étroits... En 2007, ils se sont décidés à construire une alternative un peu plus sûre, mais la route originale reste accessible pour certaines voitures et pour les vélos, où l'on descend à toute vitesse sur une route cabossée au bord du précipice jusqu'à Yolosa, à un peu plus de 1 000 mètres d'altitude. Activité à ne pas manquer, on s'est éclatés et on a vu des paysages aux allures de jungle avec des papillons aux couleurs incroyables. L'adrénaline et le vertige valent le coup !
Une fois à Yolosa, nous restons sur place et prenons un taxi pour Coroico, petit village niché au croisement de l'Amazonie et du département de La Paz. Le climat tropical nous change et nous expérimentons nos premiers gros orages et averses. Ce n'est pas grave, l'idée était de venir ici deux jours pour se reposer un peu.

Nous réservons chez une famille suisse allemande installée là, une cabane dans les bois nichée dans leur "jardin". Pour le côté nature, on est plus que servis ! Un peu trop même, quand les deux coqs qui chantent en se répondant à 5 heures du matin nous réveillent la première nuit, ou quand la deuxième nuit la bagarre de chiens sauvages empêche Armand de dormir. Dans le village, en nous baladant, on recroisera Janus, un allemand qui a fait la Route de la Mort avec nous avec qui on passera l'après-midi, et avec qui on profitera de la pluie torrentielle pour regarder le match de foot Ajax - Tottenham !
Fini le repos, il est temps de retourner à La Paz pour récupérer un bus direction le Lac Titicaca. A la gare routière de Coroico, on prend un colectivo (mini-bus), où on nous informe qu'il partira quand il sera plein. On se dit : "Ok, vu la taille du véhicule, dès qu'on est 9-10 on part". Erreur ! Quand nous pensions que le mini-bus était déjà plein à craquer, une famille avec 5 enfants monte à bord juste devant nous ! Déjà qu'on a les genoux sous le menton, et la tête qui tape le plafond du véhicule, ça va être sportif ce trajet. Surtout quand la mère de famille, qui doit avoir maximum 23 ans, sort la nourriture pour tout le monde, et qu'ils jettent leurs déchets et les sacs plastiques par la fenêtre sans sourciller, puis vient le soda rouge électrique qu'elle sert à toute la famille, y compris dans les biberons des bébés de 6 mois et 1 an et demi...
Arrivés à La Paz, on saute dans un nouveau bus (plus confortable) pour 4 heures de route (3 euros les 4 heures) direction Copacabana, sur les bords du Lac Titicaca. Charmant village, nous arrivons tout pile pour voir le coucher de soleil dans un ciel embrasé sur le port. On va voir dans une première auberge de jeunesse, mais c'est complet. On se retourne, et on aperçoit un hôtel "grand luxe" avec un beau jardin et des lamas ! Ni plus ni moins, on fonce vers la réception, et on craque. Bon, 20 euros pour deux la nuit c'est pas non plus le craquage du siècle mais dans notre budget ce ne sont pas nos prix habituels. Au moins, on a une belle chambre avec vue sur le lac et on se permet même un petit bain dans la piscine chaude.
Le lendemain, on découvre le village, on craque pour quelques petits souvenirs, on va voir la basilique où, comme tous les jours, des personnes viennent bénir... leur voiture !

Drôle de spectacle, c'est un vrai rituel rôdé et authentique de cette ville. On les regarde mettre des fleurs sur les véhicules, jeter du champagne dessus, et se prendre en photo fièrement avec toute la famille et le moine bénisseur. On rencontre (encore et toujours) beaucoup de français, on s'installe dans les hamacs du jardin de l'hôtel après le déjeuner... et on attrape des beaux coups de soleil ! On pensait que nos peaux étaient habituées au soleil d'altitude mais visiblement ce n'est pas le cas.

Cette fois-ci, on monte sur le Cerro Calvario, un mont qui surplombe le lac et la ville, et qui promet une belle vue pour le coucher de soleil. Là-haut, on demande à quelqu'un de nous prendre en photo, et il s'avère que c'est un français, Raphaël, avec qui on passe la soirée et on échange des tips du voyage, car il arrive justement du Pérou, notre prochaine étape, pour laquelle nous nous mettons en route dès le lendemain avec pour changer...un bus !
La vidéo sur la Bolivie est en ligne ici : https://youtu.be/4nsJY3QicH0







































































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