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Carretera Austral

  • Lauriane et Armand
  • 30 avr. 2019
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 mai 2019


Après avoir traversé la frontière, nous atterrissons à Cochrane, première ville sur la fameuse Carretera Austral.



Là, nous réservons une nuit dans un chalet : l'avantage de voyager hors saison c'est qu'on se retrouve avec un chalet de 14 personnes... pour nous tous seuls ! Le bon plan, surtout que nous sommes passés dans une maison d'hôte juste avant pour demander s'il y avait de la place, et que nous sommes tombés sur un monsieur un peu inquiétant qui nous a fait patienter pendant 10 minutes dans son hall "décoré" de manière... originale, pendant qu'on entendait des bruits de tronçonneuse.


Bien plus tranquilles dans notre chalet qui surplombe la ville


Le lendemain, nous nous mettons en route pour le premier village : Puerto Rio Tranquilo. La météo n'est pas vraiment clémente, mais dans cette région où se mêlent volcans, plages et glaciers, le temps peut changer vite. Sur la route, nous nous arrêtons à Puerto Bertrand, tout petit village au bord d'un lac où les couleurs et le calme en font un halo de paix.


Arrivés à Puerto Rio Tranquilo, tout petit village également, nous réservons deux nuits dans une espèce d'auberge de jeunesse, où vit le propriétaire, et où beaucoup de voyageurs transitent. Là, ils nous conseillent deux choses absolument à faire : les caves de marbre et le trek sur le glacier San Rafael. Allez, on se lance, le lendemain matin c'est rendez-vous à 7h50 pour une excursion sur la journée entière sur le glacier ! Ils nous conseillent donc de bien dîner et bien petit-déjeuner. Ni une, ni deux, on file dans une "boucherie", qui s'avère être dans la maison d'un gentil petit monsieur, où l'on prend deux morceaux de filet que l'on se fait griller au barbecue pour le dîner : eh oui, la Patagonie est le temple de la bonne viande... On s'est régalés !

Le lendemain c'est donc parti pour l'excursion : 1h30 de van jusqu'au départ du Parc du Glacier, 2 heures de trek dans une forêt et dans des rochers pour arriver enfin au glacier, où l'on enfile des crampons sous nos chaussures pour bien s'accrocher, et où l'on passera 3 heures. Féeriques.



Impossible de passer à côté des caves de marbre... Le lendemain matin, c'est reparti en bateau pour assister à ce miracle de la nature. Des caves creusées par le lac dans du marbre. La couleur du lac est à tomber et le temps est avec nous cette fois !


Juste après l'excursion, on retrouve Molly et Avs, les deux anglais de El Calafate, qu'on emmène à Cerro Castillo, prochaine étape sur la Carretera. Nous voilà en route seulement voilà, à quelques kilomètres de Cerro Castillo, la route est barrée et une file de voiture attend patiemment. Nous allons donc demander ce qui se passe : ils sont en train de faire exploser une partie de la montagne qui longe la route car elle menace de s'effondrer... ah bon... il y en aurait pour deux heures environ... ah... demi-tour, on trouve une petite route de gravier qui a l'air de nous emmener au bon endroit. Encore une fois, sortir des sentiers battus (en l'occurrence ici des routes goudronnées) nous réussira ! On croise de magnifiques paysages et on traverse même un pont en bois qui fait à peine la largeur de la voiture et qui craquelle un peu pendant notre passage...


Enfin, nous voici à Cerro Castillo. C'est Vendredi Saint, donc férié ici, il n'y a pas grand chose d'ouvert et pas grand monde dans les rues... Molly et Avs restent à l'entrée du village pour essayer de continuer à faire du stop et monter vers l'aéroport de Balmaceda où ils ont un avion le lendemain. On atterrit dans une ferme chez un bon gaucho qui nous loue une chambre dans son jardin entre les poules et les chiens. On va chercher un petit mercado ouvert dans la ville pour s'acheter de quoi dîner et on recroise Molly et Avs qui ont finalement abandonné le stop... qui dit jour férié dit peu de passage. Ils cherchent un camping pendant qu'on fait nos courses et on leur propose de nous rejoindre pour dîner. Sauf que tous les campings étant fermés, ils atterrissent chez notre gaucho et campent dans le même jardin que nous ! On rencontre aussi un autre français, un portugais et un chilien (non ce n'est pas le début d'une blague). On dîne tous ensemble, on discute des randonnées qu'on a choisi de faire chacun le lendemain, le tout autour de quelques bouteilles de vin... Résultat le réveil est difficile ! Avec le trek dans les pattes et les réveils tôt depuis quelques jours, on décide finalement de prendre notre temps et de profiter de la journée pour se reposer. En quittant la ferme, on croise le français qui fait du stop pour aller au point de départ de sa randonnée à près de 30 km de là ! On l'emmène, et avec deux israéliens également auto-stoppeurs, qui voyagent en Amérique du Sud pour fêter la fin de leur service militaire de 3 ans. Ils vont, comme nous, à Coyhaique.

Après avoir déposé le français, on arrive à un croisement qui mène soit à Coyhaique, notre destination, soit à l'aéroport de Balmaceda, où Molly et Avs ont leur avion dans quelques heures... sauf qu'on les reconnaît sur le bord de la route en train de faire du stop ! Nous demandons alors aux israéliens de nous attendre une petite demi-heure le temps de les déposer à l'aéroport et de revenir les chercher pour notre destination commune.


Nous arrivons finalement à Coyhaique, et là, choc ! C'est une grande VILLE ! Qui nous paraît immense comparée à tous les petits villages que nous avons sillonnés où nous avions à peine de l'eau chaude... On se réhabitue aux rues, au goudron, aux gens... et on refait un plein de course dans un énorme hypermarché pour la suite de notre voyage.



Prochaine étape : Puyuhuapi ! En route, le paysage change soudainement : nous avons bel et bien quitté la Patagonie telle qu'on l'imagine avec ses steppes et ses vues désertiques pour nous retrouver dans une végétation verdissante presque aux allures de jungle ! Nous traversons le Parque Nacional Queulat et arrivons enfin à Puyuhuapi, petit village de pêcheurs enclavé et martelé de panneaux "Zone de menace de tsunami"... rassurant. Comme c'est Samedi Saint, tout le village est dans le gymnase de la ville, où l'on assiste à des fêtes traditionnelles avec de l'humour local, des danses folkloriques et autres spécialités gastronomiques ! Tout le monde y est : les villageois, les commerçants, les policiers, les employés de la mairie et de l'office de tourisme... y compris probablement le propriétaire de notre hébergement du soir même, qui est injoignable ! Après une enquête auprès des villageois, nous finissons par le trouver dans un hôtel alentour, et il nous y emmène : la cabane perchée dans les arbres à 30 kilomètres de là. Encore une fois, le voyage hors saison faisant son effet, nous sommes les seuls à dormir là ce soir ! Même le propriétaire a prévu de passer le week-end ailleurs et nous informe qu'il nous laissera donc seuls. Avec son chat.

Petit dîner soupe auprès du poêle bien chaud puis nuit un peu mouvementée par les bruits (rats, oiseaux et autres animaux) mais quel plaisir d'être réveillés par la lumière du soleil en plein milieu de cette végétation dense !


Petit aperçu de notre balcon

Le lendemain matin, avant de continuer notre route, nous visitons le Parque Nacional de Queulat pour grimper jusqu'au Ventisquero Colgante, un glacier coincé entre deux montagnes.


Bon en arrivant en haut il fera son timide derrière les nuages mais en redescendant on a tellement apprécié la vue qu'on s'est arrêtés là pour déjeuner !


Next stop : Futaleufu ! Juste avant, nous passons à Villa Santa Lucia, un tout petit village détruit à moitié il y a deux ans par une coulée d'eau et de roches due à la rupture d'un glacier un peu plus haut. Les dégâts sont encore visibles et impressionnants. Là, nous prenons deux auto-stoppeurs : Adrian, un costaricain et Ana, une espagnole.



Arrivés à Futaleufu, on va directement voir le Lago Espejo (le lac miroir) qui porte bien son nom car il reflète de manière très jolie le paysage.


Le soir même, on va à la messe pour Pâques dans une toute petite chapelle, où les gens nous accueillent très chaleureusement. Il faut dire qu'ils étaient assez surpris de nous voir débarquer avec nos allures de baroudeurs. Le déroulé étant similaire aux messes françaises, nous n'avons eu aucun mal à suivre même en espagnol !






Pendant la soirée, on se renseigne sur l'activité phare du village : le rafting.

En effet, le Rio Futaleufu se situe à quelques kilomètres du village et offre des rapides qui font rêver tous les amateurs de ce sport. Enfin amateurs... aguerris ! Le lendemain matin, la météo n'étant pas idéale, et n'étant pas de grands fans de sports aquatiques (et au tympan fragile), on part pour Chaitén, où l'on a un ferry qui nous attend le lendemain. Avant de quitter Futaleufu, on assistera quand même au spectacle magique de trois locaux qui, un peu flemmards, ont tenté de descendre leur bateau sur le fleuve en le jetant directement par un pont via une corde... qui n'a pas fait le poids face au bateau. Résultat : une longue et douloureuse chute pour le bateau, avant de se laisser emporter par les tumultueux courants du fleuve, qui le porteront très vite hors de vue et hors d'atteinte de nos trois champions, las et impuissants.


Nos malheureux

Le fameux fleuve déchaîné

Mardi matin, 8h, frais et armés de notre mate, dont on ne se sépare plus depuis l'Argentine et que l'on boit comme des locaux, nous voici sur le quai du ferry qui va nous emmener sur l'île de Chiloé, la seconde plus grande île du Chili, réputée pour ses églises en bois et ses spécialités culinaires. C'est aussi la dernière grande étape sur cette Carretera Austral avant de rejoindre le continent et de rendre la voiture une semaine plus tard.

Ayant deux heures d'attente avant le départ, nous sortons de la voiture et rencontrons une famille chilienne qui déménage : un pick-up, le strict minimum embarqué, leurs trois chiens, le chat, et le fils sous le bras, ils sillonnent le pays depuis Punta Arenas, comme nous, et remontent vers Los Angeles (au Chili) pour s'installer et recommencer à zéro une vie à 3 (enfin 7 avec les animaux...)


Nos potes du ferry !

C'est parti pour 5 heures de ferry ! Heureusement, il fait grand soleil, et on peut bien observer la côte. Avec notre map sous les yeux, on essaye de repérer les volcans et leurs noms. C'est magnifique ! On entend beaucoup parler français sur ce bateau, bon ce n'est pas une surprise, depuis le début du voyage on nous dit que c'est bourré de français, mais là c'est déconcertant on est plus sûrs d'être sur un bateau chilien. On débarque alors à Quellon. Pas de coup de cœur pour cette ville, on décide de monter directement à Chonchi, le prochain village intéressant sur l'île. C'est là qu'on tombe sur un couple d'auto-stoppeurs : des français du bateau qu'on a reconnus ! On continue donc la route avec Julie et Thibaud. Improbable, Julie vient de Angoisse, ville à quelques kilomètres du Chalard, capitale de la famille La Tour. De Chonchi, à Nercon, en passant par l'île de Quinchao, ses plages, ses huîtres (miam) et ses fameuses églises en bois classées au patrimoine mondial de l'UNESCO... bref, une petite semaine à 4 reposante où l'on profite des joies locales !




Les petites péripéties de Chiloé...



A Cucao, on a dormi un soir chez Silvia, une très gentille dame qui nous a accueillis tous les 4 et qui nous a permis de faire des lessives (ô combien nécessaires) chez elle. Le courant est très bien passé entre Armand et Silvia, elle a passé la soirée avec nous, même si elle nous regardait un peu dépitée quand on étendait notre linge au-dessus de son poêle...









L'avant-dernier jour sur l'île, on tente d'aller voir une plage qui paraît-il serait "paradisiaque". C'est parti en voiture, on suit le GPS, jusqu'à ce qu'on se retrouve sur la plage. Décidant de faire demi-tour, Armand tente un dérapage avec le frein à main... et embourbe la voiture dans le sable. Panique à bord, après plusieurs tentatives, impossible de sortir, la voiture ne fait que s'enfoncer dans le sable, et pendant ce temps... la marée monte ! Après plus d'une heure de réflexion, de trous dans le sable, de construction de chemins en bois et en algues sous les roues, et quelques vagues qui faisaient monter d'un coup la marée qui nous ont donné des coups de chaud, on sort finalement la voiture de là ! Tant pis pour la plage paradisiaque, on a plus de courage.



Et enfin, dans la dernière auberge de jeunesse où nous dormons la veille de reprendre le ferry pour le continent, on rencontre à nouveau 4 français, dont l'un qui vient de HEM, la ville dont est originaire Lauriane ! Le monde est petit, même au fin fond du Chili !



De retour sur le continent, nous allons jusqu'à Puerto Varas, un très joli petit village le long du lac Llanquihue, où l'on dégustera un (énorme) saumon... LOCAL évidemment.

Puis vient le moment de quitter Thibaud et Julie, avec qui on aura passé une super semaine, et qu'on reverra sans faute à notre retour en France, en Limousin évidemment !

C'est maintenant l'heure de rendre la voiture de location... 3 600 kilomètres plus tard, notre cher Duster, notre maison ambulante, notre lieu de rencontres avec des auto-stoppeurs, notre logement de secours parfois... ça nous fait presque un petit pincement au cœur ! La séparation a lieu à l'aéroport de Puerto Montt, où nous embarquons quelques heures plus tard pour Santiago de Chile !


Comme toujours, une petite vidéo récapitulative de cette étape : https://youtu.be/IBP4zbRDrA4





 
 
 

2 commentaires


Vincent Masure
Vincent Masure
08 mai 2019

Votre vidéo est époustouflante !! Elle illustre bien vos récits ! On adore les sublimes paysages et "miracles de la nature", et bien sûr Armand qui s'embourbe :)

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sdereviers
30 avr. 2019

Pas besoin d être barbu pour être photogénique <3


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