Myanmar
- Lauriane et Armand
- 19 sept. 2019
- 11 min de lecture

Yangon
Nous atterrissons depuis Kuala Lumpur à Yangon, l'ancienne capitale du pays. Il n'y a pas de doute, nous sommes bien encore en saison de mousson, en témoigne la pluie incessante pendant nos 3 jours dans la ville... Premier achat obligatoire : un parapluie ! Qui dit mousson, dit hors saison, dit donc très peu de touristes dans le pays.
On démarre notre visite en nous baladant dans le quartier colonial, où les bâtiments, sous la mousse, la moisissure et les traces du temps témoignent de la présence anglaise il y a quelques années. Dans le taxi depuis l'aéroport, on remarquera un détail... perturbant. Le volant de notre conducteur est à droite, hors ils conduisent... à droite ! Pas très pratique pour doubler, à moins de mettre son bras par la fenêtre ou se faire un torticolis pour voir dans l'angle mort. L'une des légendes veut qu'ils aient passé le sens de circulation à droite pour s'affranchir de l'ancienne colonisation anglaise, l'autre dit qu'un général du gouvernement aurait vu sa voyante qui lui a dit que changer le sens de circulation lui porterait chance... Prenez celle que vous préférez !
Sur place, nous rencontrons Lorraine et Augustin qui sont expats là-bas depuis un peu plus d'un an. Ceux-ci nous conseillent sur notre visite du pays, et aussi sur comment en sortir, puisque notre objectif est d'atteindre le Laos par la suite, mais la frontière du Nord-Est dans l'état du Shan est inaccessible surtout en ce moment à cause de combats entre armées indépendantes (trafiquants de drogue) et militaires du gouvernement. Malgré la pluie, on ne se laisse pas abattre, et on découvre à pied la pagode de Shwedagon, la plus vénérée du pays, ou encore l'hôtel colonial The Strand, sans parler des découvertes culinaires ! On ne nous avait pas vanté les mérites de la cuisine birmane, mais nous avons pourtant découvert quelques petites pépites ! En chemin pour The Strand, nous croisons un stand de plus où un monsieur prépare une espèce de fruit avec du tabac le tout dans une feuille et un liquide blanc : tous les birmans mâchent ça à longueur de journée et crachent du rouge. Pour faire local, Armand essaye... il s'agit en fait de noix de bétel, mélangée à du tabac et... de la chaux ! Pas étonnant que peu d'entre eux aient encore toutes leurs dents...
Kalaw

Dernier jour à Yangon, et c'est parti pour notre premier bus de nuit direction Kalaw ! On essaye de passer par notre auberge pour réserver les tickets. On s'arrange dans un anglais approximatif, mais on apprend qu'il n'y a plus de place dans les deux compagnies qu'on nous a conseillées, alors on tente Famous Express, qui s'avérera être une expérience très locale ! A peine installés dans le bus, relativement confortable avec des plaids, le "co-pilote" du bus distribue... des cachetons à tout le monde ! On en conclut que ce sont sûrement des somnifères, et il ne nous en propose pas à nous vu nos têtes effarées. Dix minutes plus tard, tout le monde dort. On fait un arrêt dans un restaurant labellisé également Famous Express où la nourriture est gratuite ! Mais vue la tête du restaurant, on ne prendra pas de risque et on avalera une assiette de riz.
Problème d'organisation ou volonté des compagnies, tous les bus de nuit ont le terrible désavantage de ne pas durer longtemps, et de ce fait, de nous faire arriver à 4h du matin à destination finale ! Résultat : après une (très) courte nuit, ils nous lâchent dans la rue principale où l'on a pas le choix que de prendre le seul taxi déjà debout et hyper cher jusqu’à notre hôtel ! Par chance, ceux-ci nous ouvrent à cette heure matinale et nous donnent une chambre pour finir la nuit.
Kalaw est une minuscule ville qui est surtout le point de départ des treks direction le Lac Inle : nous nous baladons jusqu’au centre ville où l'on croisera peu de touristes (dont des français comme d'habitude !) en passant par la Clock Tower, le petit marché aux odeurs diverses et variées... et difficiles pour certaines (notamment les stands de poissons séchés), un rapide coup d’œil à la pagode et enfin à l’agence A1 pour le briefing sur notre trek qui commence le lendemain : pas grand chose à emmener, surtout des vêtements de pluie ! On s’en prendra d’ailleurs une belle en rentrant à pied ensuite...
Trek de 3 jours direction le Lac Inle
75 km à pied nous attendent, avec à la clé trois jours de repos au bord du lac dans un bel hôtel qu'on s'est permis à... 20 euros la nuit (Youhou) !
1e jour de marche : nous rencontrons Saul (anglais) et Victoria (argentine) qui marchent avec nous et notre guide Sam. Première étape : montée jusqu’à un view point sur Kalaw en passant par un petit village où des enfants jouent au bowling avec des tongs et des élastiques en guise de boules et de quilles. On fait une pause dej où le chef Niaw-Niaw nous montre ses talents de sculpteur de fruits, le tout avec une vue sur des plantations d’oranges et de thés. Coup de chance : jusqu’ici, il ne pleut pas !
L’après-midi, on marche majoritairement sur des rails jusqu’à une station de train où les wagons paraissent tirés d'un autre temps, et où les vendeuses tendent par la fenêtre fruits et légumes aux passagers. Enfin, nous arrivons dans le premier village où nous passons la nuit : pour une première journée, sans pluie, le bilan est bon !
La nuit fut cependant courte : la pluie a fait un retour fracassant, nous ne sommes pas (encore) habitués à dormir dans une cabane faite de bois et de tôle où les bruits d'insectes nocturnes s'entendent bien... sans compter Victoria qui a le sommeil agité et qui nous fera des monologues au court de la nuit.
2e jour de marche : En quittant le village le lendemain matin, nous suivons le chemin d'enfants qui prennent la longue route à pied jusqu’à leur école. La pluie fait très vite son apparition... et nous accompagnera toute la journée. Résultat : ce deuxième jour de marche s'avère beaucoup plus dur que le premier. Glissade à chaque pas, de la boue jusqu'aux genoux... le guide nous fait faire des détours pour trouver des chemins praticables, ce qui nous amène en plein milieu de rizières et autres champs. Et quand ce n'est pas la boue qui nous bloque, ce sont des buffles à l'air pas rassurant qui se mettent en travers de notre chemin (et avec le parapluie rouge de Lauriane, on a pas envie de se faire une corrida). Les paysages restent cependant magnifiques et on rencontrera plusieurs fermiers et cultivateurs qui nous aideront à nous frayer des chemins. La douche (à l'eau de pluie) et le dîner chaud seront salvateurs ce soir-là dans la deuxième famille qui nous accueille. On ne se fera pas prier pour s'endormir non plus.
3e jour de marche : Avec l'excitation de l'arrivée, et la pluie qui a laissé place au soleil, ce troisième jour se fait assez vite, malgré la fatigue accumulée des deux derniers jours et des courtes nuits. Juste avant d'arriver, on prend un sentier à travers une forêt luxuriante, et deux serpents nous passeront entre les jambes !
A l'arrivée, un bateau et Dante (le "capitaine") nous attendent pour traverser le lac jusqu'à la ville de Nyaung Shwe, où nous arrivons dans l'hôtel, épuisés.
Lac Inle
Le lendemain matin, nous rappelons Dante et sa pirogue, afin qu'il nous emmène tous les 4 faire un tour sur le lac. Le temps est magnifique et confirme notre première impression : entre les pêcheurs traditionnels, le jardin flottant où les villageois font pousser des tomates, une usine flottante de bijoux en argent, la manufacture de bateaux, de cigares, la manufacture de textile de lotus (qui soit dit en passant est 7 fois plus cher que la soie car très résistant et que la fleur de lotus est rare) : nous en prenons plein la vue toute la journée. C'est finalement la pluie qui sonnera la fin de la visite.
Nous retrouvons Victoria et Saul pour le dîner dans un petit restaurant de la ville où l'on jouera à The Real Life, le jeu de société que nous avons acheté à Portland, et une coupure d’électricité plongera toute la ville dans le noir. A l'aide de bougies, nous serons les derniers à 23h à faire la fermeture du bar !
Il est temps de réserver notre bus de nuit pour Bagan : comme la dernière fois, la seule compagnie qui nous intéressait ne fait pas le trajet à la date souhaitée, et on doit donc se rabattre sur une compagnie qui s'avère être notée 1/5 sur Google... un seul moyen de découvrir si cette note est justifiée.
Bagan
En route dans notre bus de nuit, qui s'avère finalement pas si mal : pour une fois, on fait seulement deux arrêts lors desquels nous ne sommes pas obligés de descendre du bus, ce qui permet de dormir plus d'une heure de suite. Certes, le chauffeur écoutait la musique à fond, mais avec des boules Quies et en étant à l’arrière du bus c'était pas trop dérangeant. Comme toujours, on arrive à 4h du matin dans la ville, mais cette fois l’hôtel nous a prévenus que l’on ne pouvait arriver qu'à 6h... Bon, c’est l’occasion d’aller voir directement un des fameux levers du soleil sur les temples ! Le chauffeur de taxi nous dépose sur une petite colline à 4h30, il fait encore nuit noire, on attend une heure en se disant qu’on va être bien tous les deux pour ce lever de soleil. Quand soudain, un bus, deux bus, trois bus... 10 bus remplis de chinois débarquent et cassent la sérénité du moment ! Pour couronner le tout, c’est tellement nuageux qu’on ne verra pas vraiment le soleil se lever... tant pis ce ne sera pas pour cette fois, au moins il est plus de 6h et on peut prendre la direction de l’hôtel pour finir notre nuit.

Pour démarrer la journée, on loue un e-bike, une espèce de scooter électrique spécial touristes, et on sillonne le quartier de New Bagan : de temple en temple, à travers les villages, les marchés colorés, et un petit ponton où les locaux nourrissent des énoooormes poissons. L'après-midi, on décide de profiter un peu de la piscine de l'hôtel avant d'aller dans le Old Bagan dans le but de grimper sur un temple et voir le coucher du soleil. Les accès sont normalement interdits... on va dans un premier temple mais il y a un moine et 4 personnes. Un jeune nous approche et nous dit que si on le paye il nous emmène dans un endroit où la police ne nous embêtera pas. Au même moment, arrivent Oscar et Ruben, deux espagnols, qui cherchent également un endroit pour le coucher de soleil et on leur parle de la proposition du jeune. Ils sont partants alors on suit Aan qui nous emmène sur des ruines et on escalade un temple. La vue est jolie, le coucher de soleil aussi, on en profite avec 5 autres personnes.
Après ce coucher de soleil, on va dîner tous les 4 dans le New Bagan : il se met à pleuvoir pendant le dîner, et les pauvres Oscar et Ruben nous expliquent le lendemain que l’un de leur scooter est tombé en panne et qu’ils ont du finir à pied sous l’orage, ils ont mis 2 heures à rentrer ! Effectivement en rentrant, on a eu un énorme orage qui a provoqué une coupure de courant générale à l’hôtel, coupures qui sont fréquentes dans le pays. A 6 heures du matin, nous sommes réveillés par un groupe de 70 chinois qui a dormi dans notre hôtel et qui part voir le lever du soleil... On vous passe les bruits de raclement de gorge et les trois qui ont frappé successivement à notre porte en pensant qu'on faisait partie de leur groupe... Résultat nous voilà debout et bien réveillés à 7h30.
Aujourd'hui, c'est visite des temples de la zone archéologique de Bagan ! Avec notre scooter sans frein et nos casques en plastique, on sillonne les temples et pagodes - et on découvrira que les birmans ne sont malheureusement pas les rois de la conservation, en témoigne l’UNESCO qui a refusé de donner le titre de patrimoine mondial à la ville car ils estiment qu’ils en ont fait un "Disney déplacé" ! Le lieu a quand même une certaine magie, on observe de belles statues de Buddha, des gens qui prient en collant des feuilles d’or sur ses mains, des fresques et dessins de la vie de Buddha sur les murs... et on réalise qu'il y a une forte odeur de chauve souris dans la plupart des temples (et il vaut mieux ne pas trop regarder au plafond) !
Le soir, on retourne sur notre spot de la veille et on aura droit à un coucher de soleil encore mieux que la veille, même si il y avait un peu plus de monde.
Pour notre dernier jour, après hésitation, nous décidons d'aller voir le Mont Popa. Un mini-van vient nous chercher à 9h30 avec 3 autres touristes, et nous arrête quelques mètres plus loin dans un atelier qui fait du sucre maison, et de l'alcool... et nous sert 3 shots chacun pour goûter ! Un peu difficile à cette heure matinale...
En arrivant au fameux mont, nous confirmons les avertissements d’Oscar et Ruben qui étaient venus la veille : les escaliers (777 marches) pour accéder au temple sont sales, il faut se frayer un chemin de singes agressifs et de leurs excréments une marche sur deux. Le problème, c’est que certains touristes les nourrissent avec des cacahuètes... Bon, on prend sur nous, et une fois là-haut, c’est marrant de se retrouver dans cet ancien monastère perché en haut d’une montagne avec vue dégagée sur le Mont Popa.
Pour notre dernier jour, le soleil ne sera pas au rendez-vous, et en voyant la pluie et le ciel gris en nous réveillant, nous annulons notre expédition lever de soleil et nous rendormons en attendant notre bus pour Mandalay. Ce sera notre seule déception du voyage : d'avoir loupé un mythique lever de soleil sur les temples (avec les montgolfières qui flottent à l'horizon, mais qui de toute façon ne volent pas en saison des pluies).
Mandalay
Qu'est-ce que ça nous a semblé looong ce mini bus ! Nous n'avions pas beaucoup de place pour les jambes et avons fait d'étranges pauses pipi de 20 minutes au milieu de nulle part... mais l'avantage c'est qu'il nous dépose directement à l'hôtel. Très bien accueillis, on s'installe, et au moment de nous coucher, le lit et toute la chambre se mettent à trembler... oui, incroyable mais vrai, nous avons vécu notre troisième tremblement de terre en à peine 1 mois. Nous, paniqués, descendons dans le hall, mais le personnel nous assure que ce n’est rien. Effectivement, en regardant les statistiques, on réalise qu'il y en a un par semaine en moyenne dans le pays... mais celui-là est le plus gros de l'année (magnitude 5,5) .
Le lendemain, c’est notre premier anniversaire de mariage ! On se lève et on emprunte deux vélos à l’hôtel pour visiter la ville. On enfourche la selle, et il se met à pleuvoir ! Sans surprise, il n'y a pas de vitesse sur les vélos, et des freins moyens. Pour couronner le tout, le trafic birman est assez flippant, à tel point que dans les croisements on a l’impression qu’il faut juste fermer les yeux et prier pour en sortir vivant.
Premier arrêt : le Palais Royal. Ouf, on se dit qu'on va pouvoir s'abriter de la pluie. Petit hic : un soldat nous arrête et nous montre un signe « foreigners not allowed this gate » et nous indique qu’il faut faire le tour jusqu’au gate suivant... bon, bah rebelote, on enfourche les vélos sous la pluie... pour tomber sur le même signe au gate suivant ! En fait, il n’y a que l’entrée Est qui est autorisée pour les touristes.
Du coup, on commence par le Golden Palace et le dernier temple en tek qui ait résisté au temps et aux bombes. Il s’est arrêté de pleuvoir pendant qu'on visitait le temple... et il s'est évidemment remis à pleuvoir quand on a repris les vélos.
On repart cette fois vers la bonne entrée du Palais, sauf que les touristes doivent laisser leurs "véhicules" en dehors, et marcher 15 minutes jusqu'au seul bâtiment visitable. Tout le reste est interdit car c'est une zone militaire.
L’après-midi, on finit le tour complet de la ville (toujours sous la pluie...), en passant par un atelier de fabrication de feuilles d’or, et au temple Mahamuni, le deuxième temple le plus vénéré de Birmanie après Shwedagon, car il y a une immense statue de Buddha (qui aurait été faite de son vivant) recouverte d’or... par les hommes uniquement, les femmes n'ayant pas le droit de l'approcher. En retournant vers l'hôtel, on passera par hasard par une espèce de fête foraine où Armand tente évidemment le concours de buts avec un ballon de foot dans des pneus. Les manèges autour sont très... artisanaux!
Le lendemain matin, nous prenons un taxi qui nous dépose à l’U Bein bridge , un célèbre pont de tek long de 1,2 kilomètres, puis qui nous dépose à l’aéroport où l'on s’envole pour Chang Mai en vue de rejoindre le Laos par le Mékong.
En conclusion, malgré la pluie qui nous a suivis et parfois empêché de profiter pleinement des paysages et des visites, le Myanmar reste une expérience marquante et sublime pour nous notamment par son peuple et les sourires, l'accueil et la chaleur que nous avons reçu de la part des locaux. On pourrait penser que c'est le fait de voyager hors saison, et de faire partie du peu de touristes, mais les échos que nous en avions eu avant et notre ressenti sur place confirment que c'est bel et bien une terre de personnes accueillantes et bienveillantes.
La vidéo de cette étape du voyage est par ici : https://youtu.be/Gj9hwrFlKt8











































































































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